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mardi 24 octobre 2017

Description du lymphoedème et de son traitement


Article paru dans Passeport Santé
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=lymphoedeme


Qu'est-ce que c'est ?

Le lymphœdème se caractérise par une augmentation chronique du volume d’un membre, liée à une accumulation de liquide lymphatique. Le gonflement apparaît lorsque les vaisseaux lymphatiques ne drainent plus assez efficacement la lymphe, qui s'accumule alors dans les tissus situés sous la peau. Un lymphœdème peut entraîner des complications d’ordre infectieux, cutanés et rhumatologiques. Il n’existe pas de traitement curatif du lymphœdème, mais la physiothérapie décongestionnante peut ralentir son développement. La prévalence du lymphœdème serait supérieure à 100 personnes pour 100 000. (1)

Les symptômes

L’étendue et la localisation du lymphœdème sont variables. Il est diagnostiqué de façon clinique lorsque le périmètre du membre atteint est supérieur d'au moins 2 cm à celui du membre sain. 
Il se manifeste le plus souvent sur un bras ou une jambe, mais le gonflement peut concerner d’autres parties du corps : le visage, le cou, le tronc, les organes génitaux. Il provoque une sensation de lourdeur et de tension, parfois aussi des douleurs. 
Le lymphœdème provoque un épaississement et une fibrose de la peau mis en évident par le signe de Stemmer, soit l’impossibilité de plisser la peau du 2ème orteil.

Les origines de la maladie

Deux causes très distinctes sont responsables de l’apparition d’un lymphœdème :
Lorsqu’une malformation du système lymphatique d’origine génétique est la cause, on parle de lymphœdème primaire. 
La mutation génétique est le plus fréquemment spontanée mais, dans des cas plus rares, le lymphœdème est congénital et touche plusieurs personnes d’une même famille. 
Le lymphœdème primaire touche 1 personne sur 10 000 et se déclare le plus souvent à la puberté. (2)
Un lymphœdème secondaire désigne une altération acquise du système lymphatique. 
Elle peut survenir suite à une intervention chirurgicale (une ablation de varices ou des ganglions, par exemple), au traitement d’une tumeur (comme une radiothérapie pour traiter un cancer du sein), à un accident, ou à une infection.
Le lymphœdème se distingue nettement de l'œdème des jambes
Le premier occasionne un dépôt dans les tissus de protéines dont la lymphe est riche, déclenchant une réaction inflammatoire et une multiplication des tissus (conjonctifs et adipeux), tandis que le second est constitué principalement d’eau.

Les facteurs de risque

Le lymphœdème primaire (d’origine génétique) survient nettement plus fréquemment chez les femmes. On observe chez elles un pic d’incidence à la puberté. D’autre part, la relation est établie entre le surpoids et la fréquence d’apparition du lymphœdème secondaire.

Prévention et traitement

A ce jour, il n’existe pas de traitement curatif du lymphœdème. 
Si elle est précoce, la physiothérapie décongestionnante se révèle efficace pour réduire son volume et soulager les symptômes, mais elle est très contraignante. 
Elle consiste à combiner les éléments suivants :
  • Un drainage lymphatique par un massage manuel pratiqué par un kinésithérapeute spécialement formé. Il stimule les vaisseaux lymphatiques et aide la lymphe à évacuer le gonflement ;
  • Des textiles ou des bandages de compressions sont appliqués en complément du massage ;
  • Après la réduction du lymphœdème par massage et compression, l'application d'une contention élastique empêche la lymphe de s'accumuler à nouveau ;
  • Des exercices physiques spécifiques sont aussi recommandés par le kinésithérapeute.
En l’absence de traitement, le lymphœdème progresse de manière chronique et peut causer des complications telles que des infections cutanées. Il peut altérer considérablement la qualité de vie de la personne atteinte en provoquant des douleurs, des invalidités et avoir des conséquences psychologiques.
Fiche créée : juillet 2016
Auteur : Yves Cambrai 

Références bibliographiques

Notes :
1. Depairon M. et al. Diagnostic et prise en charge du lymphœdème. Forum Médical Suisse, 2016, pages 80–84. [http://www.medicalforum.ch/docs/smf/2016/04/fr/fms-02495.pdf]
2. Orphanet, le portail des maladies rares et des médicaments orphelins. Lymphoedème primaire, ORPHA77240. [http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=77240]
Références :
Orphanet, le portail des maladies rares et des médicaments orphelins. Lymphoedème primaire, ORPHA77240. [http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=77240]
Depairon M. et al. Diagnostic et prise en charge du lymphœdème. Forum Médical Suisse, 2016, pages 80–84. [http://www.medicalforum.ch/docs/smf/2016/04/fr/fms-02495.pdf]
Understanding Lymphedema. American Cancer Society. [http://www.cancer.org/acs/groups/cid/documents/webcontent/002928-pdf.pdf]
Association Vivre Mieux le Lymphoedeme (AVML). [http://www.avml.fr/]

mercredi 5 juillet 2017

Le lymphoedème : description, traitements, conseils

Article publié sur le site Les impatientes


Les conseils sont axés sur le lymphoedème du bras 
mais sont aussi valables pour les membres inférieurs.

Le Lymphoedème

Aujourd'hui, on ne considère plus le lymphoedème comme inévitable suite à une chirurgie du cancer du sein, il peut et doit être traité et ce, de manière personnalisée. La réussite du traitement dépend de la combinaison de plusieurs traitements, cette combinaison étant bien évidemment différente d'une femme à l'autre.

Le lymphoedème : il n'est plus inévitable


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Aujourd'hui, on ne considère plus le lymphoedème comme inévitable suite à une chirurgie du cancer du sein, il peut et doit être traité et ce, de manière personnalisée. Un lymphoedème n'est pas bénin. Non traité, il diminue la motricité du membre, peut atteindre la peau, provoquer des infections chroniques et mener à des complications irréversibles. La réussite du traitement dépend de la combinaison de plusieurs traitements, cette combinaison étant bien évidemment différente d'une femme à l'autre. 

Le système lymphatique est calqué sur le réseau veineux et est composé de vaisseaux qui drainent 80% de la lymphe. Il transporte les liquides et les grosses molécules de protéines et des déchets cellulaires. Les petits vaisseaux se rejoignent en plus gros vaisseaux lymphatiques. Le liquide lymphatique est pompé dans ces vaisseaux par les mouvements des muscles et par les contractions des parois des gros vaisseaux lymphatiques. En bout de course, le système lymphatique se vide dans le sang. Le réseau lymphatique participe aux phénomènes infectieux et cancéreux - lutte contre la diffusion des métastases mais aussi immunitaires car il est responsable de l'inflammation des tissus.

Le lymphoedème est donc un dysfonctionnement du système lymphatique, une accumulation de liquide lymphatique dans les tissus conjonctifs qui cause des enflures le plus souvent dans les bras ou les jambes. En outre, le fonctionnement du système lymphatique se détériore avec l'âge. 


Grades, types et causes du lymphoedème

Grades du lymphoedèmes

Grade 1 - léger et spontanément réversible
L'oedème est apparent à la pression de la peau (prend la forme de l'objet qui la compresse). Il diminue à l'élévation du membre. 

Grade 2 - spontanément irréversible
La pression des doigts ne laisse plus de marque. La fibrose est installée, marquant le début du gonflement du membre qui commence à durcir. L'élévation du membre ne diminue plus l'oedème. 

Grade 3 - "elephantiasis lymphostatique"
Le membre est très gros et dur (fibrotique), le gonflement est irréversible. A ce stade, on peut tout de même envisager la chirurgie de débridement. 


Types et causes du lymphoedème


Il existe 2 types principaux de lymphoedème:

    1. Le lymphoedème aigu
    Il est transitoire et dure moins de 6 mois. Il correspond au grade 1. Il se forme après la chirurgie, lorsqu'on a sectionné des vaisseaux lymphatiques. Il disparaît généralement au bout d'une semaine par élévation du bras et des exercices.
    Le lymphoedème aigu peut aussi être douloureux et se former environ 6 semaines après la chirurgie suite à une phlébite ou à une lymphangite aigue. Outre l'élévation du bras, il faut aussi prendre des anti-inflammatoires.
    Ce type de lymphoedème peut aussi être dû aux drains chirurgicaux ou à l'immobilisation du membre.

    2. Le lymphoedème chronique
    C'est le cas le plus courant et le moins facile à résorber. Il commence insidieusement lorsque le système lymphatique endommagé n'arrive petit à petit plus à drainer le liquide lymphatique. Son installation est sournoise car elle est indolore, et ne s'accompagne pas de manifestations externes (rougeur). De plus, il survient 18 à 24 mois après la chirurgie, quand on ne l'attend plus.

S'il se développe plus tard, il faudrait penser à une récidive tumorale. 

Le lymphoedème chronique peut survenir dans les cas suivants :


  • Chirurgie
  • Immobilisation du bras
  • Négligence postopératoire pour prévenir le lymphoedème
  • Infection et/ou la blessure des vaisseaux lymphatiques
  • ou plus grave, une récidive de la tumeur ou son extension vers les ganglions lymphatiques.


  • Il peut aussi apparaître suite à une hypoalbuminémie (baisse de protéines dans l'organisme) due à une maladie - comme le diabète, l'hypertension, la défaillance cardiaque, l'insuffisance rénale - ou due à une diminution de l'apport ou de l'absorption de protéines (anorexie, vomissements, dépression, anxiété, chimiothérapie, diarrhées, maladie intestinale, etc.), ou due à une perte des protéines (hémorragie, ascite, épanchements pleuraux, drains chirurgicaux, etc.). 

    La technique de la biopsie du ganglion lymphatique sentinelle pourrait prévenir l'installation du lymphoedème car elle ne détruit pas la chaîne ganglionnaire. (voir notre dossier consacré au ganglion sentinelle). 



    Lymphoedèmeb et lymphangite : lymphoedème et cancer du sein


    Le lymphoedème est la principale complication chirurgicale du cancer du sein. Il est lié au curage des ganglions sous l'aisselle (ganglions axillaires) du 3e niveau. Mais la fibrose peut aussi apparaître comme conséquence de la radiothérapie axillaire - de plus en plus remplacée par une chimiothérapie exclusive si les ganglions ont été atteints par la tumeur - ou comme conséquence d'une infection à la main (d'où la nécessaire vigilance lorsqu'on bricole / jardine / cuisine / coud, etc.) 

    Aussi appelé "gros bras", il peut apparaître immédiatement ou bien dans les 5 ans - après traitement conservateur - et dans les 15 ans après mastectomie. 

    Le membre ainsi atteint est très fragilisé. Il suffit d'un incident mineur (coup de soleil, 
    mouvement brusque ou port de charges) pour favoriser l'engorgement de la lymphe dans le membre et détériorer le réseau lymphatique déjà bien atteint. L'oedème apparaît généralement d'abord sur le bras avant de progresser vers la main. 

    L'oedème devient gênant lorsque la circonférence entre le membre atteint et le membre sain est supérieure à 5 cm. Mou et indolore au début, il peut durcir après inflammation (lymphangite) et il progresse rapidement. A long terme (plus de 10 ans après son installation), dans des cas rares, il peut se transformer en lymphangiosarcome, une très lourde complication, avec une survie de moins de 50% à 2 ans malgré l'amputation. 


    Lymphangite


    La lymphangite est une infection qui peut se manifester par un ou plusieurs des signes suivants:


  • éruption cutanée,
  • peau rouge,
  • sensation de chaleur,
  • picotements,
  • décoloration,
  • gonflement anormal,
  • lourdeur, douleur,
  • et très souvent apparition soudaine de haute température et de frissons.

  • Dans ce cas, il faut cesser immédiatement tous les traitements du lymphoedème (tous sans exception) et consulter le plus tôt possible. Le traitement prescrit par ce dernier consistera en des antibiotiques. En voyage, il faut toujours porter avec soi des antibiotiques ou une prescription médicale. La lymphangite peut mettre votre vie en danger. 


    Aspects psychologiques


    Le lymphoedème est bien souvent un souvenir perpétuel de la bataille menée contre le cancer du sein. Les femmes qui ont eu un lymphoedème suite à un cancer du sein s'adaptent moins bien à leur maladie car elles ont du mal à reprendre une vie "normale", gênées par leur bras qui les fait souffrir. 

    Elles ont par exemple du mal à trouver des vêtements confortables et adaptés, ou à porter des choses lourdes (ce qu'il faut éviter), et le lymphoedème est vraiment handicapant dans la vie quotidienne. 

    L'œdème est souvent sous-estimé (quand il est diagnostiqué) et bien que les traitements existent, le corps médical est généralement mal informé ou peu préoccupé par ce problème qui n'est pour lui qu'un effet de bord. Mais les traitements existent bel et bien et ne pas en bénéficier ne fait qu'augmenter la douleur, le mal-être, la frustration de ne pouvoir utiliser son bras normalement, le tout associé à un sentiment néfaste d'impuissance. 


    Traitements : pourquoi un traitement


    Sans traitement, le liquide lymphatique, riche en protéines, continue à s'accumuler dans les tissus, provoquant un gonflement du membre et sa fibrose. Ceci n'est pas une conséquence bénigne car le membre devient alors un endroit idéal pour développer des bactéries ou une lymphangite

    Avec le temps, le lymphoedème empirera et diminuera la motricité du membre. Il peut aussi s'étendre à la peau. En réduisant l'oxygène dans le système de transport des protéines, il peut également fournir un milieu de culture bactérienne favorisant les infections, conduisant ainsi à des infections chroniques. 

    Le lymphoedème sévère non traité peut également se transformer en cancer lymphatique, le lymphangioscarome. 


    Quels traitements ?


    Contre-indications au traitement du lymphoedèmeBeaucoup de spécialistes du lymphoedème sont contre ce traitement multi mode (aussi appelé Thérapie Décongestive Complexe) dans les cas de récidive ou d'invasion métastatique, afin de ne pas favoriser la propagation des cellules cancéreuses via le réseau lymphatique. Il est primordial de demander l'avis de spécialistes avant d'entreprendre un traitement. Plus généralement, voici les autres contre-indications :
    - Toute douleur doit faire cesser le traitement et amener à consulter au plus vite
    - Tout gonflement subit et anormal doit amener à consulter car il peut être le signe d'une récidive
    - La lymphangite (infection grave) : arrêter immédiatement le traitement et consulter
    Insuffisance cardiaque : le traitement surcharge le cœur en liquide, les patients doivent donc être suivis de près. Idem pour les patients sous anti-coagulants (risque de thrombophlébite).
    Il n'y a pas un mais des traitements combinés qui sont d'autant plus efficaces qu'ils sont précoces et réguliers. Toutefois, ce traitement multimode a encore du mal à percer dans la communauté médicale. 

    Pour déterminer le type de traitement, on se base sur la grosseur du membre et sur la dureté de l'oedème. Le traitement multimode allie alors généralement drainage lymphatique, port de vêtements de compression, exercices physiques et mesures d'hygiène. 

    Dans certains cas, cette thérapie dite décongestive complexe comprend aussi des exercices de respiration (car les mouvements du thorax améliore le flux lymphatique) et une adaptation du régime alimentaire. Il est important dans tous les cas, de ne pas laisser l'oedème s'installer. 


    Elévation du bras : pour un oedème léger


    Pour un oedème léger seulement, l'élévation du bras peut soulager celle qui développe un lymphoedème, la gravité aidant naturellement l'écoulement de la lymphe. Pour un oedème plus important, cette méthode a peu d'effet. L'élévation du bras seule ne constitue pas un traitement efficace du lymphoedème, même si l'on pratique en même temps des exercices bras surélev 

    L'élévation du bras procure en fait un soulagement temporaire - l'impression de lourdeur diminue dans cette position - et doit être associée à d'autres traitements 


    Drainage lymphatique manuel : soulage mais insuffisant seul


    Le drainage manuel de la lymphe a pour effet de faciliter la circulation du liquide dans le tissu conjonctif. L'effet d'étirement sur les vaisseaux lymphatiques stimule leur contraction et facilite la circulation de la lymphe à l'intérieur. En outre, le drainage régulier augmente le débit et la quantité des vaisseaux lymphatiques adjacents à la zone congestionnée, et peut effectivement réduire visiblement l'oedème du membre. 

    Le massage doit être pratiqué dans la direction du flot lymphatique par à coups légers. 

    Le drainage lymphatique doit lui aussi être associé à un programme de traitement de fond. Combiné par exemple à un vêtement de compression, il aide à contenir l'oedème. 


    Vêtements de compression : incontournables


    Les vêtements de compression (manche ou un bandage) réduisent généralement efficacement le gonflement et doivent être portés tant que l'oedème persiste et pendant les exercices ou sollicitations du bras. 

    La pression exercée sur la peau fait progresser le liquide lymphatique des tissus vers les vaisseaux pour l'évacuer plus facilement et soutient les muscles qui peuvent à leur tour augmenter la pression pour rétablir le flot lymphatique. 

    Pompes de compression 


    Elles doivent être utilisées en complément d'autres modes de traitement. Aujourd'hui, les protocoles d'utilisation sont définis au cas par cas, sous surveillance médicale. Pour éviter que l'œdème ne se reporte sur la paroi thoracique, celle-ci doit être drainée par un DLM. 


    Exercices : en association avec d'autres traitements


    Comme les muscles aident à pomper le flot lymphatique en se contractant, l'exercice est le mode de traitement le plus généralisé. Mais attention à bien doser l'effort et à adopter des exercices spécifiques à chaque patiente car tout excès peut avoir l'effet contraire : augmenter l'oedème. 

    Les exercices sont variés (flexions, rotations, exercices avec poids). Le programme des exercices augmente en intensité sans jamais dépasser le seuil de douleur. La marche et toutes les autres activités physiques douces sont toujours bénéfiques car en respirant correctement pendant l'effort, la pression thoracique diminue et facilite le flot lymphatique. 


    Traitement médicamenteux : controversé


    Les benzopyrones (comme le Coumarin) agissent en aidant la décomposition des protéines dans le liquide lymphatique. Utilisé lui aussi en traitement multi mode, le Coumarin semble donner de bons résultats dans certains pays d'Europe (pour une prise de 6 mois minimum) mais a été retiré des marchés américains, canadiens et australiens en raison de sa toxicité hépatique et de ses effets secondaires. Les risques associés à la prise de ce médicament doivent être évalués plus précisément. 


    Laser : dans certains cas bénéfique


    Appliqué sur la région touchée par la radiothérapie ou la chirurgie, il peut dans certains cas, réduire les adhérences (" aérer " les tissus), favoriser la guérison et diminuer la douleur. Dans certains cas, on a observé un retour de la mobilité du membre ainsi qu'une réduction de l'oedème. 


    La chirurgie : pas encore au point


    Rares sont les cas où la chirurgie donne un bon résultat. Elle est généralement envisagée en dernier recours lorsque le traitement multi mode a échoué. Quant à la liposuccion, elle aggrave le lymphoedème en détruisant les vaisseaux lymphatiques qui restaient. En fait, le lymphoedème peut même apparaître suite à une chirurgie esthétique. 


    Le régime pauvre en protéines : inutile


    Le tissu conjonctif entourant le système lymphatique a besoin de protéines pour fonctionner de manière optimale. Adopter un régime alimentaire pauvre en protéines ne soulage donc pas du lymphoedème. L'excès de graisses, en revanche est à éviter, car l'accumulation de graisse dans les tissus et dans les membres, rend le lymphoedème plus difficile à traiter. 


    Les diurétiques : inefficaces


    Les diurétiques favorisent l'élimination de l'eau tandis que le lymphoedème est dû à une accumulation de protéines dans les tissus. Les diurétiques augmentent donc la concentration en protéines, effet plus nocif que bénéfique. 



    Recommandations : prévention de la lymphagite


    Il faut consulter immédiatement un médecin si vous avez un ou plusieurs des symptômes suivants:


  • rougeur et bras très chaud (signe d'une infection qui peut menacer la vie). Ce cas demande un traitement médical immédiat.
  • sensation de peau étroite, qui tire
  • sensation de lourdeur
  • sensation de picotement et d'aiguilles
  • douleur importante
  • gonflement ou augmentation de taille
  • douleur à l'épaule
  • douleur à l'omoplate
  • écoulement de liquide lymphatique par la peau


  • Recommandations officielles


    Cette liste de recommandations est destinée aux patientes susceptibles de développer un lymphoedème et est issue du National Lymphedema Network (http://www.lymphnet.org/)
    1. Etre attentive à tout gonflement du bras, de la main, des doigts ou de la poitrine. Consulter immédiatement dans ces cas.

    2. Ne JAMAIS permettre une injection, une prise de sang ou la prise de tension artérielle sur le bras concerné. Si vous souffrez d'un lymphoedème bilatéral, faites vérifier votre tension sur la cuisse.

    3. Sécher très soigneusement le bras et la main après la toilette et utiliser un lotion spéciale pour l'hygiène du bras : Lymphoderm, Eucerin, Curel, etc.

    4. Ménager le bras touché : ne pas porter d'objets lourds, de sacs en bandoulière du côté atteint, ne pas faire de mouvements brusques et/ou répétitifs (cirer son parquet, faire les vitres, tirer les portes lourdes, etc.)

    5. Ne pas porter de bijoux serrés autour du bras ou des doigts : changez votre alliance de main ou enlevez-la si votre bras gauche est touché. Ne pas retrousser sa manche pour serrer le bras.

    6. Ne pas exposer votre bras au soleil, ne pas prendre de coup de soleil. De même, éviter les bains chauds ou la vaisselle à l'eau très chaude. Pas de sauna.

    7. Ne pas dormir sur le bras menacé.

    8. Le tricot, le crochet sont déconseillés pendant de longues heures consécutives, de même que tout ce qui peut vous ankyloser..

    9. Eviter toute blessure (même minime) au bras ou à la main du côté concerné : égratignure ,coupure, brûlure, coup, piqûre d'insecte, griffure de chat, piqûre de rosier en jardinant, etc. portez des gants ou une protection adaptée si vous devez faire des travaux susceptible de générer ces blessures : gants jardinage, dé à coudre, etc. De même, si vous rasez vos aisselles, utilisez un rasoir électrique pour éviter les risques de coupure sous le bras. Lorsque vous vous manucurez, ne coupez pas les cuticules, repoussez les avec un petit bâtonnet.

    10. En avion, porter une manche de compression bien ajustée et des bandages supplémentaire si le trajet est long. Buvez beaucoup pendant le voyage.

    11. Faire de l'exercice est important, mais consultez votre thérapeute. Ne fatiguez pas un bras à risque; si le bras commence à vous gêner, reposez-vous et élevez-le. Exercices recommandés : la marche, la natation, les mouvements aérobics légers, le vélo, des mouvements de yoga ou de ballet spécifiquement conçus. (Ne soulevez pas de poids plus lourd que 7 kg).

    12. Pour les femmes à forte poitrine, porter des prothèses mammaires légères (les prothèses augmentent la pression sur les ganglions lymphatiques du cou). Utiliser un soutien-gorge bien ajusté, pas trop serré et idéalement sans armatures métalliques

    13. Attention, consulter immédiatement son médecin dans les cas suivants : éruption cutanée, démangeaison, rougeur, douleur, augmentation de la température ou de la fièvre. Une lymphangite (infection) dans le bras affecté peut être le début ou la détérioration du lymphoedème.

    14. Maintenir son poids idéal avec un régime équilibré riche en fibres et en protéines faciles à digérer (poulet, poisson, tofu). Diminuer l'apport alimentaire de protéines ne diminue pas la composante protéique du liquide lymphatique; mais cela pourrait plutôt affaiblir le tissu conjonctif et détériorer la condition de votre bras.

    15. Eviter de fumer et de consommer de l'alcool.

    16. Porter une manche de compression bien ajustée pendant la journée. Consultez tous les 4 ou 6 mois pour un suivi. Si la manche est trop ample, soit elle est usée, soit votre lymphoedème diminue !
    Un dossier réalisé par Karine Sabatier

    mardi 27 juin 2017

    Lymphoedème du bras



    LYMPHŒDÈME DU BRAS APRÈS CANCER DU SEIN : RISQUES, CONSEILS ET PRISE EN CHARGE.

    Fiche élaborée par Agnès Bourassin- Europa Donna Forum France
    Masseur-kinésithérapeute libérale

    Secrétaire association de kinésithérapeutes AKTL
    Enseignante DLM en école de kinésithérapie Mars 2010

    POURQUOI UN « GROS BRAS » ?

    L'apparition du lymphœdème du bras (familièrement appelé « gros bras ») est liée à l’altération de ses voie superficielles de drainage lymphatique. Les ganglions lymphatiques, situés dans le creux de l’aisselle, représentent le passage principal des vaisseaux lymphatiques du sein, du thorax et du bras côté opéré. Le prélèvement de ces ganglions est nécessaire pour connaître le stade de l’évolution du cancer du sein. Les séquelles cicatricielles de ce geste chirurgical et les effets secondaires du traitement par radiothérapie peuvent, à court ou long terme, atténuer le bon drainage du bras. Il en résulte :
    • un déséquilibre entre l’apport de liquide nourricier, par notre sang artériel, et son drainage, par les voies de retour veineuses et lymphatiques ;
    • un déficit d’évacuation d’éléments « hydrophiles » (qui attirent l’eau) créant le lymphœdème chronique, voire évolutif ;
    • un déficit d’évacuation des déchets de notre fonctionnement cellulaire, censés être filtrés par les ganglions de l’aisselle

    QUEL RISQUE A-T-ON DE DEVELOPPER UN LYMPHŒDEME ?

    Actuellement le risque de lymphœdème tend à diminuer grâce à l’évolution des techniques chirurgicales. Les statistiques évaluent à environ 20% le risque de développer un lymphœdème après curage axillaire. Il peut survenir de nombreuses années après les traitements mais, plus fréquemment, vers 18 mois à deux ans après la chirurgie.
    Actuellement il n’est pas possible d’identifier les patientes présentant un risque de développer un lymphœdème.
    Selon certaines études, la technique ciblée du « ganglion sentinelle » réduirait ce risque à 3% mais elle n’est pas applicable dans toutes les situations. Le chirurgien peut en expliquer le principe ou la raison.

    UN ŒDEME OU DES DOULEURS POSTOPERATOIRES SONT-ILS SIGNES DE LYMPHŒDEME ?

    En post-opératoire immédiat ou durant la radiothérapie, un léger gonflement transitoire peut s’installer, pendant quelques semaines. Le plus souvent, à distance des traitements, il disparaît avec la reprise progressive des activités. Il peut être amélioré par la simple mise au repos du bras, à l’horizontale ou légèrement surélevé, ou nécessiter quelques séances de drainage lymphatique manuel chez un kinésithérapeute connaissant ces techniques qui ont évolué ces dernières années.
    Les sensations de bras lourd ou qui « serre », peau épaisse, cartonneuse ou hypersensible ne sont pas des signes annonciateurs de lymphœdème mais, le plus souvent, des troubles de la sensibilité. Ceux-ci sont dus à l’irritation ou section de petits nerfs sensitifs lors du geste chirurgical du curage axillaire ou aux séquelles de la radiothérapie. L’équipe médicale est à la disposition des patientes pour répondre à ces interrogations, naturellement préoccupantes mais en général sans gravité.

    REPRISE D’ACTIVITE APRES LES TRAITEMENTS

    Environ 80% des femmes n’auront jamais de lymphœdème...
    Dans les mois qui suivent la chirurgie, il est bénéfique de reprendre progressivement une vie quotidienne « normale », et d’éviter la sédentarité. Sans aucun signe d’œdème, même transitoire, reprendre progressivement les mêmes activités physiques qu'avant l'intervention est gage de meilleure qualité de vie. Des études récentes montrent, à ce titre, que l’activité musculaire encadrée par un professionnel de santé, n’augmenterait pas le risque de développer un lymphœdème

    ANTICIPER OU REAGIR EN CAS D’APPARITION D’UN LYMPHŒDEME ?

    Quelques facteurs déclenchants sont rapportés par des patientes concernant le début d’augmentation de volume de leur bras : excès de chaleur, application locale de boues chaudes, activité musculaire intense ou répétitive avec la main, piqûre d’insecte, traumatisme, infection cutanée…
    Ces patientes avaient-elles des prédispositions ? Auraient-elles finalement déclenché ce lymphœdème un jour ou l’autre? Aucun spécialiste ne peut aujourd’hui répondre à cette question.
    Des précautions, quelques connaissances sur le fonctionnement du système lymphatique et un peu de bon sens peuvent aider celles qui le souhaitent, mais la qualité de vie est à privilégier.
    L’apparition d’un lymphœdème est en général lente, voire insidieuse en cas de surpoids général. Il peut-être localisé (doigt, main, coude, bras) ou concerner tout le membre. Vigilance et consultation médicale en cas de doute sont la règle.
    IL N’Y A PAS DE CRITERE D’URGENCE MEDICALE mais le seul moyen de stopper l’évolution d’un lymphœdème ou d’en réduire le volume est une kinésithérapie spécifique.
    Une augmentation rapide importante du volume du bras n’est pas nécessairement un lymphœdème mais peut être un début d’infection cutanée (érésipèle) ou une « phlébite » du bras (compression veineuse). Elle peut s’accompagner de douleurs, de plaques rouges sur le bras ou à proximité, de fièvre…
    IL FAUT ALORS CONSULTER SON MEDECIN TRAITANT EN URGENCE

    CONSEILS D’HYGIENE DE VIE

    Le réseau lymphatique qui aboutit au creux de l’aisselle intervient à la fois sur le système circulatoire et dans la défense immunitaire (microbienne). Un risque infectieux est donc plus important dans un bras atteint de lymphœdème, car le filtrage n’est plus assuré par les ganglions de l’aisselle, véritables « usines de traitement des déchets ».
    Voici quelques précautions et conseils concrets à observer après ablation des ganglions de l’aisselle et ce, notamment, si le bras a déjà eu tendance à gonfler ou s’il est pris en charge pour lymphœdème.
    L’apparition du lymphœdème ou son aggravation est parfois consécutive à une infection liée à une blessure, piqûre d’insecte, coupure, brûlure... risquant de provoquer un érésipèle. Il faut donc :
    laver à l’eau et au savon toute griffure, égratignure ou plaie sur la main ou le bras, puis mettre un antiseptique, 2 à 3 fois par jour jusqu’à la cicatrisation.
    Mais l’idéal serait d’anticiper en :

    • protégeant la main ou le bras (gants, vêtement protecteur) pour les activités ou situations à risque (jardinage, bricolage, ménage, cuisine, insectes…) ;
    • soignant ses ongles, cuticules, crevasses : portes d’entrée aux microbes ;
    • évitant les sports violents, une activité longue et répétitive de la main et les risques de traumatismes sur le bras.
    Si toutefois l’un de ces sports est gage d’un meilleur moral, il sera repris progressivement avec vigilance et surveillance d’un kinésithérapeute formé aux techniques de DLM.
    EN CAS DE FRISSONS OU FIEVRE, DOULEUR, CHALEUR OU GONFLEMENT CONSULTER UN MEDECIN EN URGENCE.
    L’apparition du lymphœdème ou son aggravation est aussi parfois consécutive à une compression inhabituelle du bras ou de l’épaule.
    De nouvelles voies pouvant se créer après la chirurgie pour contourner le creux de l’aisselle, il pourrait être risqué de les comprimer trop fortement (bretelle de soutien-gorge, bandoulière de sac…)
    TOUJOURS PRESENTER L’AUTRE BRAS POUR LES PRISES DE SANG, INJECTIONS ET LA PRISE DE TENSION ARTERIELLE QUI NECESSITENT UN GARROT DU BRAS.

    PRISE EN CHARGE D’UN LYMPHŒDEME

    La prise en charge d’un lymphœdème est essentiellement basée sur la kinésithérapie et la compréhension de cette pathologie. La prise de conscience par la patiente de la conduite à tenir permet de réduire l’œdème ou d’en contenir le volume et d’éviter les situations à risque.
    Dans un premier temps le drainage lymphatique manuel (DLM) est l’essentiel des séances de kinésithérapie. De nombreuses techniques existent mais il ne s’agira jamais de « vider » l’œdème du bras. Les manipulations visant à stimuler le système lymphatique déficient ou les nouvelles voies de drainage qui pourraient s’être mises en place, il est souhaitable de les effectuer plusieurs fois par semaine au début.
    Si le lymphœdème ne régresse pas et gêne la patiente, un bilan avec le kinésithérapeute précise le traitement intensif à envisager. Celui-ci est quotidien pendant une à trois semaines et les séances de DLM sont complétées par un bandage spécifique gardé la nuit jusqu’à la séance suivante pour conserver l’effet réducteur sur l’œdème.
    Il existe différentes techniques selon la formation et la pratique professionnelle du kinésithérapeute et deux sortes de bandages multicouches avec des résultats similaires et validés scientifiquement, à savoir une diminution de 40% à 60% du volume en deux trois semaines :
    des bandages multicouches, volumineux et peu fonctionnels, pratiqués en centre de prise en charge des lymphœdèmes et par certains kinésithérapeutes libéraux. Ils sont contraignants mais bien supportés jour et nuit ;
    des bandages plus légers « élastorigides » sont envisageables à tous les stades du lymphœdème du bras. Cette technique plus récente, datant des 20 dernières années, permet un meilleur fonctionnement du bras. Pratiqués en cabinet de ville et dans quelques services hospitaliers, ces bandages nécessitent un kinésithérapeute formé à ces techniques. Ils permettent la plupart des activités quotidiennes et se révèlent très efficaces dès les premiers jours.
    Lorsque le lymphœdème ne régresse plus (2 à 3 semaines selon l’importance initiale), le bandage est relayé par le port d’un manchon compressif prescrit SUR MESURES par le médecin (avec ou sans mitaine, attenante ou non, avec ou sans doigts, avec ou sans antiglisse). Le kinésithérapeute donne au médecin les détails nécessaires pour sa prescription. Le pharmacien orthopédiste se met en rapport avec l’un des fabricants pour en assurer la confection. S’il est bien adapté, ce manchon exerce une pression externe suffisante qui empêche la réinstallation de l’œdème lors des activités quotidiennes ou du sport. Constitué de tissu élastique, il est plus facile à porter qu’un bandage mais n’est cependant jamais aussi efficace que ce dernier. Il pourra donc être judicieux de porter un bandage de temps en temps.
    Les bilans avec mesures du bras par le kinésithérapeute ou le médecin permettent de préciser quand il sera utile de changer de manchon afin de maintenir son efficacité (3 à 6 mois).
    Le rythme du port du manchon, voire de ses adaptations supplémentaires, dépend de l’évolution du lymphœdème et des activités de la patiente.
    Dans des situations paisibles (soirées, spectacle, lecture…) et lorsque le lymphœdème semble stabilisé, le manchon n’est pas obligatoire. Le masseur-kinésithérapeute peut aider à identifier les situations où il serait préférable de porter manchon ou bandage.
    La fréquence et la nécessité de séances d’entretien de kinésithérapie sont définies par le masseur-kinésithérapeute, le médecin et la patiente.
    En cas de longue distance en avion, il peut être préférable de porter le manchon habituel.
    Des recommandations plus récentes préconisent d’interrompre le DLM en cas de crise d’érésipèle (infection) et de fièvre tant que le traitement d’antibiotiques n’a pas débuté. La contention sera reprise lorsque les douleurs auront diminué. Elles peuvent, dans un premier temps, nécessiter la reprise de bandages si le bras a repris du volume lors de cet épisode infectieux.

    LYMPHŒDEME ET ACTIVITE SPORTIVE

    Comme il est dit auparavant, les activités sportives peuvent être reprises de manière modérée et progressive. Le kinésithérapeute est la personne la mieux adaptée pour répondre à vos interrogations.
    Les activités sportives les plus fréquemment conseillées sont celles qui allient étirement et travail musculaire modéré, tels que la natation, la gymnastique douce, le yoga, le Tai Chi Chuan et, bien sûr, la marche pour la santé en général.
    Certaines activités sportives demandent plus de vigilance de la part des thérapeutes qui effectuent des bilans avec mesures comparatives du bras en cas de doute. Ce sont, par exemple, les activités demandant une force importante des bras ou des mouvements violents, longs ou répétitifs.
    L’absence d’activité physique, voire le repos total du bras, sont déconseillés.
    Cependant chaque personne est unique et vivra différemment le retentissement de son lymphœdème sur son activité. Le kinésithérapeute peut aider à cibler les risques, bénéfices et adaptations de contention qui permettent de reprendre toutes les activités antérieures sans aggraver le lymphœdème.

    Lien utile AKTL Association française des Massseurs Kinésisthérapeutes pour la recherche et le traitement des atteintes lympho-veineuses.


    http://www.europadonna.fr/5.aspx?sr=21


    Exercices pour la prévention du lymphoedème

    Prévenir l’apparition du lymphoedème requiert de nouvelles habitudes et des soins spécifiques que vous devrez vous prodiguer quotidiennement après la chirurgie, avec l’aide d’un kinésithérapeute.
    Pendant les jours suivant l’opération, pour que la cicatrice axillaire ne se rétracte pas et pour faciliter la mobilité du bras opéré par la suite, essayez de rester plusieurs heures par jour avec votre bras soulevé et séparé du corps, et avec la main à hauteur de l’épaule. Pour réaliser ceci dans une position confortable, vous pouvez vous asseoir à côté d’une table sur laquelle vous aurez placé un coussin épais, et vous laisserez reposer votre bras dessus.
    La nuit quand vous dormez, reposez votre bras sur un coussin comme indiqué sur les dessins, afin d’avoir le bras séparé du corps et la main légèrement en hauteur.Prevenir lymphoedeme - couchee avec coussin
    N’ayez pas peur de déplacer le bras ou la main après l’intervention. L’immobilité provoque inflammation, rétention de liquide, douleur, et impotence fonctionnelle dues à l’intervention chirurgicale. En effet, la circulation de la lymphe repose en bonne partie sur le mouvement du corps et la contraction des muscles : il n’y a pas de pompe dans le réseau lymphatique, à la différence du réseau sanguin dont la circulation est assurée par le coeur.
    Une fois que vous avez récupéré de l’intervention et uniquement avec la permission de votre médecin ou de votre kinésithérapeute, vous pourrez commencer à réaliser des exercices simples.
    Commencez petit à petit. Au début, vous ne devez pas passer plus de dix minutes à faire la totalité de vos exercices, et vous devez à tout prix éviter de provoquer fatigue ou sensation de lourdeur dans le bras. Faites vos exercices de manière douce et agréable, et toujours en y associant la respiration. Ces exercices vous aideront en plus à garder mobiles votre bras et votre dos.
    Habillez‑vous avec des vêtements lâches et installez‑vous sur une chaise de manière confortable. Commencez toujours par des exercices de respiration.
    Réalisez les exercices cinq ou six fois, de manière lente et douce.

    Exercice n°1 : la respiration diaphragmatique

    Imaginez mentalement le mécanisme d’un soufflet utilisé pour attiser le feu dans une cheminée : inhalez l’air profondément par le nez et remplissez vos poumons.
    Ensuite, expirez entièrement l’air par la bouche, lentement et sans forcer, avec les lèvres entre‑ouvertes. Le temps d’expiration doit être le double du temps d’inspiration.Prevenir lymphoedeme - exercice 1

    Exercice n°2

    Mettez vos mains l’une sur l’autre, sur le genou opposé au bras opéré.
    Levez le bras opéré en l’air et en diagonale, en suivant votre bras du regard, et en soufflant à mesure que le bras se lève. Revenez doucement à la position initiale, en inspirant.
    Prevenir lymphoedeme - exercice 2

    Exercice n°3

    Joignez vos bras sur vos jambes et entrelacez vos mains. Montez et descendez vos bras en conservant les mains jointes. Expirez à la montée des bras, et inspirez à la descente.
    Prevenir lymphoedeme - exercice 3

    Exercice n°4

    Prenez les extrémités d’une serviette entre vos mains et avec les bras étirés en l’air, balancez‑les d’un côté à l’autre, en soufflant quand vous basculez les bras d’un côté et en inspirant lorsque vous revenez en position centrée. Les coudes ne doivent pas être pliés. Répétez l’exercice cinq à six fois, doucement et sans forcer sur les bras.
    lymphoedeme_ex4

    Vous trouverez dans le livre « Savoir rester belle pendant et après les traitements anti-cancer » dix-neuf exercices de récupération supplémentaires pour prévenir le lymphoedème, ainsi que beaucoup d’autres conseils pour votre vie de tous les jours.

    http://www.savoirresterbelle.com/prevenir-le-lymphoedeme-apres-une-chirurgie-du-sein/

    mercredi 14 juin 2017

    Lymphoedème primaire ou secondaire ?



    Lorsque l'on parle de lymphoedeme, on distingue deux types : le lymphoedeme primaire et le lymphoedeme secondaire

    Le lymphœdème primaire est lié à une malformation du système lymphatique survenue lors de la dernière phase de la lymphangiogenèse. Le lymphœdème secondaire est en revanche le résultat d’une perturbation ou d’une obstruction du système lymphatique.

    • On parle de lymphoedeme "primaire" lorsque les vaiseaux les vaisseaux lymphatiques n'existent pas ou lorsque les lymphangions qui le constituent sont non fonctionnels ou dégradés.

    • On parle de lymphoedeme "secondaire" lorsque les vaisseaux lymphatiques sont endommagés ou obstrués, ou lorsque les nodules lymphatiques ont été enlevés. Dans la majorité des cas, le lymphoedeme secondaire est lié à un traumatisme causé par un accident, une radiothérapie, une infection grave, ou lors d'une chirurgie. Le lymphœdème secondaire est l’une des complications majeures du traitement chirurgical du cancer du sein et a un retentissement important sur la qualité de vie. Un nombre considérable de patientes développent un lymphœdème secondaire suite à un traitement chirurgical du cancer du sein, avec une incidence comprise entre 6 % et 63 % selon la population étudiée, les critères d’évaluation utilisés et la durée du suivi.



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